Tu étais un camarade épatant.
Nous avons voyagé et séjourné ensemble entr'autres destinations en Andalousie, en Croatie, à Madère...
Nous ne te connaissions pas intimement mais ces quelques moments passés en ta compagnie ont conforté cette image de gars toujours prompt à trouver le mot pour rire ou la petite phrase qui fait du bien.
Et Dieu sait que ta vie n'était pas facile.
Ça fait des années que tu as enfilé la tenue de chauffeur, cuisinier, garde-malade, homme de ménage. Tout ça sans jamais te plaindre. Au contraire : lorsque nous voulions t'aider à pousser le fauteuil roulant de ta femme, tu nous en écartais d'un geste impétueux.
Tu as tergiversé longtemps avant de te faire opérer des hanches - courageux, tu as insisté pour qu'on te pose les deux prothèses à la fois - puis il y a eu cette tumeur décelée subitement.
Et puis brutalement, la nouvelle de ta mort...
Désormais, il n'y aura plus personne pour pousser, comme tu l'as fait pendant des années, le fauteuil de Sonia.
Pour cette fin de semaine, nous devions nous rencontrer pour un petit dîner entre copains. Tu ne seras pas des nôtres. Tu n'en seras plus jamais. Mais tu seras dans nos pensées à tous. Tu seras sans doute le pivot de nos conversations...
Adieu Henri...


henri